BENIN11 oct. 2026
Le président Wadagni demande aux ministres et cadres du pays d’investir dans leur région : quelles retombées pour la jeunesse et le pays ?
Une décision peut parfois changer la trajectoire d’un pays entier. Demander aux ministres, directeurs, directeurs adjoints et cadres supérieurs d’investir dans leurs régions d’origine, de créer des entreprises et de soutenir l’agriculture locale, ce n’est pas seulement un appel au patriotisme. C’est une stratégie puissante pour ramener le capital, les compétences et les opportunités là où ils manquent le plus. Si cette mesure est réellement appliquée, elle peut créer des dizaines de milliers d’emplois, réduire l’exode rural, renforcer l’économie locale et offrir à la jeunesse une raison nouvelle de croire en son avenir.Une décision qui change la logique du développementPendant trop longtemps, une partie des élites africaines a concentré ses investissements dans les grandes villes ou à l’étranger. Pendant ce temps, de nombreuses régions restent dépendantes de l’agriculture traditionnelle, du commerce informel et des transferts d’argent venant des enfants partis en ville.Demander aux hauts cadres de créer des entreprises dans leurs localités d’origine, c’est inverser cette logique.Un ministre, un directeur général, un directeur adjoint ou un cadre supérieur dispose de trois ressources rares : de l’argent, des relations et une expérience de gestion. Lorsque ces ressources restent concentrées dans la capitale, elles enrichissent surtout la capitale. Lorsqu’elles reviennent dans les départements, elles peuvent transformer des villages, des communes et des filières entières.Cette décision peut devenir un pont entre l’État, le secteur privé et les communautés locales. Elle peut aussi donner un sens concret au développement territorial : ne plus attendre que tout vienne du centre, mais faire naître la richesse là où vivent les populations.Combien de cadres sont concernés ?Il n’existe pas encore de chiffre officiel précis sur le nombre exact de personnes visées. Mais une estimation raisonnable peut être faite à partir de la structure de l’État.Le pays compte plusieurs ministères, institutions, agences, entreprises publiques, autorités de régulation et établissements publics. Chaque structure comprend des ministres, des directeurs généraux, des directeurs, des directeurs adjoints, des conseillers, des chefs de service stratégiques et des cadres de coordination.En ajoutant les hauts responsables des administrations, des entreprises publiques, des banques, des assurances, des télécommunications et du secteur privé, le nombre de cadres directement concernés peut être estimé entre 3 000 et 6 000 personnes.Si l’on inclut les entrepreneurs, les membres de la diaspora et les cadres du secteur privé disposant d’une capacité d’investissement, le potentiel réel pourrait dépasser 10 000 investisseurs.Ce n’est pas un simple groupe de personnalités. C’est une force économique potentielle.Une estimation des emplois possiblesPrenons une hypothèse prudente : si 3 000 cadres créent ou financent réellement une entreprise dans leur région, et si chaque projet crée en moyenne 20 emplois directs pendant ses trois premières années, cela représente déjà 60 000 emplois directs.Si l’on inclut les entrepreneurs, les membres de la diaspora et les cadres du secteur privé disposant d’une capacité d’investissement, le potentiel réel pourrait dépasser 10 000 investisseurs.Ce n’est pas un simple groupe de personnalités. C’est une force économique potentielle.